Grâce à l’implication des patientes et des patients, réduction de 12 % des prescriptions d’antibiotiques

On prescrit trop d’antibiotiques en ambulatoire – souvent sans véritable nécessité médicale. Un projet pilote mené dans des cabinets de médecins de famille mise sur l’information de la patientèle et enregistre déjà des résultats mesurables. SWICA soutient ce projet et son évaluation. 
Autrice:
Gioia Wetter

 

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les antibiorésistances comptent parmi les plus grosses menaces qui pèsent sur la santé publique. En Suisse également, on travaille activement pour éviter la propagation de germes résistants aux antibiotiques. Il existe un levier important dans le secteur ambulatoire. C’est là, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), que sont prescrits 85 % des antibiotiques dans le domaine de la santé humaine

Et ce, bien que chaque prescription ne soit pas médicalement nécessaire. Une étude publiée en juin 2025, réalisée avec les données suisses concernant plus de 52 000 prescriptions d’antibiotiques, montre qu’un cinquième d’entre elles s’éloigne des recommandations nationales, en particulier en matière de rhumes se manifestant sous forme de pharyngite ou de sinusite.

Des médicaments inutiles pour de multiples raisons

Les raisons qui expliquent le recours si fréquent aux antibiotiques sont diverses et variées. «Les médecins de famille pensent probablement que leurs patientes et patients attendent une prescription d’antibiotiques de leur part. Peut-être aussi qu’ils surestiment les risques de complications de ces maladies ou l’efficacité des antibiotiques pour les prévenir. Parallèlement, ils sous-estiment les effets secondaires ou le risque de créer de nouvelles résistances», déclare le Dr Adrian Rohrbasser du Berner Institut für Hausarztmedizin (BIHAM). 

Il est judicieux de prendre une décision commune

Une équipe de recherche du BIHAM s’est emparée de cette thématique sous la direction du Dr Rohrbasser. «Les prescriptions d’antibiotiques inutiles reculent lorsque le corps médical est formé aux dernières avancées de la recherche. Autre approche importante: l’implication des patientes et des patients dans la décision thérapeutique», explique-t-il.

C’est pourquoi l’équipe de recherche, avec le soutien de l’OFSP et de la Société Suisse de Médecine Interne Générale (SSMIG), a mis au point des outils destinés aux cabinets médicaux pour faciliter la prise de décision conjointe pour ou contre l’utilisation d’antibiotiques entre la ou le médecin et sa patiente ou son patient. Ces aides incluent des fiches d’information accompagnées d’un résumé simple des faits médicaux. Des graphiques compréhensibles montrent les avantages et les inconvénients d’une thérapie avec ou sans antibiotique. En outre, les médecins de famille reçoivent des guides de communication avec la patientèle. 

 
«Les prescriptions d’antibiotiques inutiles reculent lorsque le corps médical est formé aux dernières avancées de la recherche. Une autre approche importante consiste à impliquer les patientes et patients dans la décision thérapeutique.» Dr Adrian Rohrbasser du Berner Institut für Hausarztmedizin (BIHAM)

Réduction de 12 % du nombre de patientes et patients ayant reçu des antibiotiques 

Ces outils ont été testés au quotidien dans le cadre d’un projet pilote mené dans 18 centres médicaux Medbase. L’analyse de SWICA confirme leur succès: le taux de prescription d’antibiotiques a pu être réduit de 12 % – grâce à la communication structurée et à l’implication des patientes et patients dans la décision. 

Concrètement, seules 680 personnes par trimestre en moyenne se sont vu prescrire un antibiotique, alors qu’on attendait 770 prescriptions en l’absence de mesures. Les données anonymisées de près de 50 000 personnes assurées chez SWICA ont été analysées ici. Le recul le plus net s’observe pour les antibiotiques dits «à surveiller», c’est-à-dire pour les préparations qui présentent un risque élevé en matière de développement de résistances. 

«Les chiffres parlent d’eux-mêmes: si les patientes et les patients sont activement impliqués dans leur traitement, le nombre de prescriptions d’antibiotiques inutiles baisse nettement», nous explique Maria Trottmann, experte en Recherche sur l’offre de soins chez SWICA et responsable de l’évaluation du projet pilote. À long terme, ce sont non seulement les patientes et les patients qui en profitent, mais aussi l’ensemble du système de santé – grâce à une réduction des coûts et à un renforcement de la santé publique.

«Les chiffres parlent d’eux-mêmes: si les patientes et les patients sont activement impliqués dans leur traitement, le nombre de prescriptions d’antibiotiques inutiles baisse nettement.» Maria Trottmann, experte en Recherche sur l’offre de soins, SWICA

Ensemble pour un système de soins porteur d’avenir

Le système de santé suisse est confronté à d’importants défis: outre la hausse des coûts, un manque de coordination et de transparence pèse sur les patientes et patients, mais aussi sur les payeuses et payeurs de primes. SWICA s’engage en faveur d’une prise en charge efficace et de qualité qui place l’être humain au centre de ses préoccupations. Dans cette optique, nous collaborons avec de nombreux partenaires de santé comme des hôpitaux, des réseaux de médecins, des pharmacies, des établissements de formation et des institutions politiques afin de mettre en place un système qui valorise la qualité des soins plutôt que leur seule quantité. En savoir plus sur notre engagement.