Un entraînement adapté au cycle menstruel: le sport au rythme du corps

D’un jour à l’autre, une même séance de sport peut se révéler facile ou étonnamment éprouvante. Outre le sommeil, le stress ou l’alimentation, un facteur longtemps négligé pourrait impacter vos performances sportives: le cycle menstruel.

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AuteurFabian Reichle
5 minutes de lecture16. octobre 2026

Le jogging qui semblait si facile la semaine dernière est aujourd’hui bien plus éprouvant. À la salle de sport, les haltères semblent plus lourds que d’habitude – et dès la séance suivante, tout redevient soudainement plus léger. Il n’y a rien d’étonnant à ce que les performances sportives fluctuent. Ces différences sont généralement dues à des facteurs tels que le sommeil, le stress, l’alimentation ou un repos insuffisant. Mais, chez les femmes, un autre paramètre entre en compte: le cycle menstruel et ses changements hormonaux.

Dans les sciences du sport, cet aspect a longtemps été relégué au second plan. En effet, pendant des décennies, les femmes ont été sous-représentées dans les études de médecine du sport. Même en 2022, près d’un tiers des études étaient menées exclusivement avec des participants de sexe masculin, comme le souligne Swiss Olympic. Ces dernières années, cet écart a été corrigé. On a cherché à savoir dans quelle mesure le cycle menstruel impactait l’entraînement et les performances sportives. Les résultats obtenus jusqu’à présent ne permettent pas (encore) de tirer de conclusions claires.

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Le cycle menstruel impacte-t-il les performances sportives?

Très probablement, mais pas de la même manière chez toutes les femmes: voilà tout du moins la réponse simplifiée. Diverses études suggèrent que les fluctuations hormonales peuvent influencer différents facteurs liés aux performances, comme le niveau d’énergie, la capacité de récupération, la force et la coordination motrice en général, ou encore la régulation de la température corporelle. En revanche, les données scientifiques montrent également qu’il n’existe pas de consensus général sur ces effets.

Certaines femmes ressentent des symptômes pendant les différentes phases de leur cycle (par exemple fatigue, troubles du sommeil ou douleurs menstruelles générales), tandis que d’autres ne remarquent presque aucun changement. L’âge, les niveaux de stress, les habitudes alimentaires, la condition physique générale ou la prise de contraceptifs hormonaux influencent aussi la perception du cycle. Cette disparité, qui rend difficile la formulation de recommandations générales, constitue un défi pour la recherche.

Les hormones mènent la danse

Le cycle menstruel suit un rythme biologique qui influence l’ensemble de l’organisme. Ces variations sont principalement dues aux fluctuations hormonales qui se produisent tout au long du cycle. Dans le corps féminin, les hormones principales sont les œstrogènes et la progestérone.
Le taux d’œstrogènes augmente au cours de la première moitié du cycle et atteint son pic peu avant l’ovulation. Au cours de cette phase, l’hormone sexuelle ne se contente pas d’intervenir dans la reproduction: elle influence également le métabolisme, favorise la dilatation des vaisseaux sanguins et contribue à protéger le système nerveux. Après l’ovulation, c’est la progestérone, la deuxième hormone sexuelle féminine, qui prend le relais. Elle entraîne notamment une hausse de la température corporelle et prépare le corps à une éventuelle grossesse. La dépense énergétique physique est alors légèrement accrue.

D’après l’Office fédéral du sport (OFSPO), la recherche s’intéresse maintenant à l’influence du cycle menstruel sur la capacité d’effort, le temps de récupération ou la perception subjective de la performance à la lumière de ces interactions hormonales. Les premières conclusions suggèrent l’existence de liens, tout en révélant d’importantes différences individuelles, comme c’est généralement le cas pour ce qui a trait à la perception du cycle menstruel.

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La santé des femmes à la une

En septembre et octobre, la SWICA-Newsroom met en lumière la santé des femmes. Les thèmes de l’endométriose et de la ménopause y sont abordés sous l’angle politique, médical et psychologique. 

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Vers un suivi personnalisé de l’entraînement

On constate néanmoins que le cycle menstruel est de plus en plus pris en considération, surtout dans le sport de haut niveau. Par exemple, l’équipe nationale suisse de football féminin recueille depuis quelques années des données liées au cycle menstruel de ses joueuses. Les athlètes documentent, entre autres, leur niveau d’énergie, leur récupération, leur endurance et leurs éventuelles douleurs en vue d’obtenir un aperçu des schémas individuels. Ces observations peuvent ensuite servir à adapter l’entraînement, la récupération et l’alimentation.

Une telle approche peut également être utile aux sportives non professionnelles. En observant son cycle pendant plusieurs mois, on obtient des informations supplémentaires sur son corps. Celles-ci constituent, au même titre que les rythmes de sommeil, les journaux de récupération et la perception subjective de l’effort, un indicateur pour optimiser les séances d’entraînement.

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Et en cas d’endométriose?

Pour les femmes souffrant d’endométriose, affection chronique de la muqueuse utérine causant des douleurs, il est recommandé d’accorder une attention particulière à son entraînement. Si la maladie provoque souvent des troubles intenses pendant certaines phases du cycle, l’activité physique peut être bénéfique. Les activités modérées, à l’instar de la marche, la natation, le vélo ou le yoga, permettent souvent de soulager l’inconfort. Malgré tout, l’intensité de la pratique sportive dépend, ici aussi, de la situation de chacune. En cas de douleur intense, il convient de consulter une ou un spécialiste.
 

Bien plus qu’un sujet niche

Pendant longtemps, le cycle menstruel a été considéré comme un sujet secondaire et accessoire dans le monde du sport. Bien qu’il demeure encore tabou aujourd’hui, il gagne en importance dans les questions de santé et de performances: à mesure que la compréhension du corps féminin progresse, il apparaît de plus en plus clairement que les femmes présentent des particularités physiologiques qui les distinguent des hommes et qui influencent de manière déterminante l’entraînement, la récupération et les performances.

Si le cycle menstruel ne peut pas servir de plan d’entraînement fixe, il fournit des indications importantes sur le stress, la récupération et le bien-être. En remarquant ces signaux hormonaux, on acquiert non seulement une meilleure compréhension de son corps, mais aussi, en général, une approche plus consciente de l’entraînement.

«Au cours de la première moitié du cycle, il peut être pertinent de privilégier les entraînements les plus exigeants, comme les séances d’endurance intensive, les exercices de vitesse et de puissance ainsi que les sauts. Pour la seconde moitié du cycle, l’accent peut être mis davantage sur la direction et la coordination, par exemple en effectuant des mouvements de manière concentrée et contrôlée.»

Kim Zwygart

Bewegungsberaterin, Onlinepraxis santé24

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Sujets dans cet article:
Santé des femmes

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