Les arrêts de travail pour raisons psychiques résultent souvent de conflits sur le lieu de travail

Une étude de grande envergure de données d‘assurance a montré que les arrêts de travail d’origine psychique sont souvent très longs et pourraient probablement être évités par l’employeuse ou l’employeur en prenant les bonnes mesures.

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AuteurRoger Ritler
3 minutes de lecture31. mars 2023

Lorsque les personnes employées sont en arrêt de travail et se trouvent en incapacité de travailler depuis longtemps, les causes sont souvent d’ordre psychique. Ce genre d’incapacité de travail connaît une progression de longue date, tant en Suisse que dans d’autres pays industrialisés. Les incapacités de travail de longue durée ne pèsent pas seulement sur les personnes et les entreprises concernées, mais aussi sur la société et l’économie, car elles mènent souvent au chômage et à l’invalidité.

Pour en apprendre plus sur ces arrêts de travail pour raisons psychiques, SWICA a confié à WorkMed, le centre de compétences en psychiatrie de Bâle-Campagne, l’analyse de quelque 2000 dossiers anonymes d’indemnités journalières maladie.

Durée moyenne d’une incapacité de travail: sept mois

L’analyse approfondie des données d’assurance a montré que les incapacités de travail d’origine psychique durent en moyenne 218 jours; dans 95 % des cas, il s’agit d’arrêts complets. C’est nettement plus long que la plupart des absences pour raisons somatiques, c’est-à-dire physiques.
La raison pour laquelle les personnes en arrêt maladie ne sont pas en mesure de travailler n’est pas toujours claire: environ la moitié des rapports de médecins de famille et un quart des rapports de psychiatres ne mentionnent aucune limitation fonctionnelle due à une maladie qui pourrait gêner ou empêcher l’exécution de l’activité professionnelle. Souvent, les pronostics relatifs au retour au travail font également défaut.

SWICA et WorkMed: experts de premier plan en matière de santé en entreprise

SWICA est le plus grand assureur d’indemnités journalières en cas de maladie de Suisse et compte quelque 27 000 entreprises assurées avec pas moins de 600 000 personnes assurées. WorkMed est un centre de compétences national de premier plan pour la psychiatrie de Bâle-Campagne basé à Binningen.

L’étude a été réalisée par WorkMed, SWICA, la Hochschule Döpfer de Cologne (pour la partie analyses statistiques) et ValueQuest (pour la partie programmation de questionnaires).

Principalement des réactions à des conflits au travail

57 % des incapacités de travail d’origine psychique sont déclenchées par l’escalade de problèmes sur le lieu de travail; souvent en réaction à des conflits au travail, des offenses, des frustrations ou des changements au sein de l’entreprise (restructuration, changement de responsable hiérarchique). Certaines conditions de travail particulièrement astreignantes favorisent les arrêts de travail de très longue durée: contraintes émotionnelles, interactionnelles et cognitives et exigences particulièrement élevées en matière de fiabilité. 

Pour ce qui est de la durée des arrêts de travail, on note de fortes disparités entre les branches d’activités. Niklas Baer, responsable WorkMed: «Environ la moitié de tous les arrêts de travail sont liés à une incapacité de travail en rapport avec le lieu de travail. Cela signifie que les personnes assurées ne présentent pas une incapacité de travail générale, mais uniquement au poste de travail actuel.»

Potentiel de la prévention secondaire

Pour éviter qu’environ la moitié des personnes assurées en arrêt de travail ne perdent leur emploi en raison de leur incapacité de travail ou qu’un problème psychique existant depuis longtemps ne s’aggrave, des mesures préventives efficaces sont nécessaires.

Les entreprises doivent être davantage sensibilisées: le but est de réagir avant l’escalade d’un problème. L’ancrage d’une intervention précoce et la formation des cadres ainsi que du personnel sont souhaitables, par exemple sous la forme d’exercices pratiques d’entretiens de retour au travail; voir les offres de la Gestion de la prévention de SWICA.

Les médecins traitants devraient bénéficier de plus de soutien et obtenir une meilleure formation pour aborder de manière réfléchie les certificats d’incapacité de travail. Dans le dialogue avec les employeurs et les assureurs, il s’agit de trouver une façon d’aider la patiente ou le patient à résoudre ses problèmes et à consolider à long terme sa place sur le marché du travail.

Contact

Roger Ritler, responsable Prestations Entreprises chez SWICA, se fera un plaisir de répondre à vos questions.

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