«Traitez-vous avec tendresse et compassion»

Les signes avant-coureurs d’une crise varient d’un individu à l’autre. Tout comme la manière dont on tente de sortir de ce qui peut ressembler à une voie sans issue, surtout chez les jeunes. Birgit Schmid, responsable secteur professionnel Psychologie chez SWICA, répond aux principales questions sur ce thème.

AuteurSWICA Content Team
5 minutes de lecture11. février 2026

Madame Schmid, comment reconnaître les signes d’un malaise psychique?

Il n’est pas facile de répondre à cette question, car cela varie d’une personne à l’autre. Une crise peut se manifester par des symptômes psychiques, des problèmes physiques ou encore des difficultés relationnelles. Des sentiments de peur, de panique ou d’impuissance sont des symptômes ou troubles qui peuvent apparaître lors d’une crise, mais pas chez tout le monde. Une tension interne nous empêche alors de vraiment nous détendre. Souvent, nous avons les nerfs à fleur de peau, et il suffit d’un rien pour déclencher une aggravation de notre état.

Comment cette crise agit-elle sur nos pensées?

Notre mode de pensée est lui aussi affecté: nous percevons notre environnement sans aucune nuance, tout comme les situations et les personnes qui nous entourent. Il devient alors presque impossible de juger ce qui est vrai ou faux, ce qui est positif ou négatif. Nous nous retrouvons comme emprisonnés dans nos pensées. Sans parler des problèmes de concentration, qui peuvent mener à des difficultés d’apprentissage et à une baisse des performances.

Comment se comporte une personne en crise?

Les personnes qui traversent une crise manifestent souvent de la désorganisation et de l’instabilité. Elles semblent alors versatiles, brusques, voire agressives. Elles ont tendance à agir d’une manière qui semble absurde à leur entourage. Par exemple, à l’annonce d’une terrible nouvelle, comme le décès d’un proche, elles se mettent à faire le ménage. Dans les cas extrêmes, des pensées suicidaires peuvent apparaître, ou des comportements violents à l’encontre d’objets ou de personnes.

Comment ce comportement se répercute-t-il sur notre entourage?

Nos relations sociales souffrent elles aussi des conséquences d’une crise psychique. Les personnes touchées s’isolent et évitent les contacts avec leur famille et leurs amis. Souvent, elles n’ont plus envie de pratiquer les activités qu’elles aimaient auparavant. Elles font face à l’incompréhension de leur entourage, et ne le comprennent plus non plus. Cela favorise aussi le repli social.

Une crise psychique peut-elle avoir des répercussions physiques?

Absolument. Les personnes en situation de crise ressentent une fatigue importante, voire une forme de léthargie. Souvent, elles souffrent d’insomnies. Mais le système digestif se manifeste lui aussi, par exemple par des douleurs d’estomac ou des problèmes intestinaux. Les maux de tête ou les vertiges sont fréquents également. Le cœur bat trop vite, des tremblements ou une détresse respiratoire apparaissent. L’appareil locomoteur peut lui aussi dysfonctionner. L’appétit vient à manquer, ce qui entraîne souvent une perte de poids. Ou c’est l’effet inverse qui se produit: l’appétit augmente, et on prend du poids.

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«En période de crise, les jeunes doivent parfois gérer leurs propres réactions émotionnelles violentes.»

Birgit Schmid, Verantwortliche Fachbereich Psychologie bei SWICA

Comment gérer ces crises?

Au fil du temps, nous rencontrons toutes et tous des situations difficiles et gagnons ainsi en expérience. Celle-ci nous permet de gérer les crises que nous traversons. Mais attention: notre capacité à gérer une crise ou l’intensité avec laquelle nous la vivons dépend aussi notre capacité à rechercher et à trouver rapidement de l’aide. Il ne s’agit pas seulement d’une aide extérieure, mais aussi de l’aide que nous nous prodiguons à nous-mêmes.

Comment s’y prendre?

Il faut avant tout prendre conscience de ce que l’on a vécu ou de ce que l’on traverse, en considérant la situation d’un point de vue rationnel, mais aussi émotionnel. Cela permet de faire le lien entre la situation perçue et les sentiments qu’elle déclenche en nous. C’est le premier pas pour sortir de la crise. Il faut si possible tenter de s’éloigner physiquement de la situation de crise, et rechercher un environnement où l’on se sente à l’aise et en sécurité. Ne cherchez pas à être héroïque: faites preuve de tendresse et de compassion envers vous-même.

Avez-vous encore d’autres conseils?

Faites appel à une personne de confiance. Certes, ce n’est pas toujours facile, car, lors d’une crise, nous avons tendance à nous replier sur nous-mêmes. Mais pour surmonter une situation difficile, des contacts humains positifs sont essentiel. Votre personne de confiance prendra soin de vous et vous apportera son soutien.
Si vous constatez que vous ne vous en sortez pas par vous-même, recherchez une aide professionnelle. Plus vite vous l’obtiendrez, plus vite vous irez mieux. Il ne s’agit pas nécessairement d’une psychothérapie, mais cette démarche doit se concentrer sur la situation vécue et être limitée dans le temps. Et surtout, elle exige la coopération active de la personne concernée.

Comment soutenir les jeunes qui traversent une crise?

Les adolescentes et adolescents ne disposent pas encore de l’expérience de vie des adultes. À la puberté, en particulier, leur cerveau est encore en phase de maturation, et leur comportement est largement dominé par le système limbique (le siège du «moi émotionnel»). Lors d’une crise, ils doivent parfois gérer des réactions émotionnelles très fortes. Ils ont davantage besoin d’une aide extérieure que les adultes.

Que peuvent faire les parents?

Les parents et autres personnes de référence peuvent les aider par leur présence et leurs conseils. Or, cela n’est pas toujours facile, car en grandissant, les ados cherchent à prendre des distances par rapport à leurs parents. Il est donc essentiel pour les parents de faire preuve de compréhension envers leur enfant. Les reproches, les accusations et les leçons de morale sont à éviter. Et cela ne sert à rien de forcer son enfant à parler. Mieux vaut attendre que l’occasion se présente d’elle-même. 

Dans cette discussion, cherchez à transmettre un sentiment de confiance et d’espoir à votre ado, faites-lui comprendre que la situation n’est pas sans issue. Il importe également de modifier le moins possible son quotidien. Par exemple, elle ou il doit, dans la mesure du possible, continuer d’aller à l’école ou poursuivre sa formation, et ne pas abandonner ses activités de loisirs. Dans cette situation, les deux parents doivent faire équipe. Mais, comme les adultes, il peut arriver que les jeunes aient besoin d’une aide professionnelle. Il peut s’agir d’une psychothérapie, mais aussi d’un suivi par une organisation ou une institution.

Aide psychologique par santé24

Les personnes assurées chez SWICA bénéficient de l’assistance des spécialistes en psychologie, psychothérapie et psychiatrie de santé24. Vous souffrez d’anxiété, d’angoisses ou d’autres symptômes psychiques? Les aléas du quotidien ou d’autres sources d’incertitude vous pèsent? santé24 propose entre autres une consultation de psychologie-psychiatrie en télémédecine, assurée par des spécialistes. Pour prendre rendez-vous, contactez les spécialistes de santé24.

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