Avant que la main ne parte: huit conseils pour parents au bord de la crise de nerfs

Depuis le 1er juillet 2026, le code civil suisse stipule que les enfants doivent être élevés sans recours à la violence physique ni à d’autres formes d’humiliation. Mais les enquêtes révèlent que les coups et les insultes sont encore monnaie courante. Que peuvent faire les parents pour garder la maîtrise de leurs émotions, même dans des situations de stress?

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AuteurOliver Steimann
4 minutes de lecture15. juillet 2026
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Dans la vie, il n’y a pas de tâche plus belle et plus lourde de responsabilités que d’élever des enfants et de les accompagner dans leur cheminement vers l’âge adulte. Mais comme presque tous les parents en ont fait l’expérience, il peut y avoir des situations qui poussent même les plus patients d’entre eux dans leurs retranchements. Elles sont dues la plupart du temps à un cumul de facteurs: par exemple, le stress au travail, dans le couple et à la maison. Il suffit alors qu’un enfant teste les limites et provoque l’adulte pour que celui-ci n’ait plus les moyens rationnels de faire face et s’emporte.

Arrêter à temps le cercle vicieux du stress

En de telles circonstances, comment éviter de faire ou de dire quelque chose que l’on regrettera plus tard? Pour Barbara Thürig, psychologue et psychothérapeute au cabinet médical en ligne santé24, il y a une règle de base: «Sortez immédiatement de la situation afin de préserver la sécurité physique, émotionnelle et psychique de l’enfant.» Il est possible d’arrêter à temps le cercle vicieux du stress avant qu’il ne dégénère en hurlements de colère, voire en gifle.
 

Les huit conseils suivants peuvent y aider:

1. Tirer immédiatement le frein d’urgence

Le premier impératif est de réguler la colère émergente. Barbara Thürig recommande de créer immédiatement une distance physique en quittant la pièce (à condition que l’enfant soit dans un endroit sûr). Dans la mesure du possible, il faut verbaliser cette intention, à la fois pour soi-même et pour envoyer un signal à l’enfant: «Je suis très en colère. Je dois sortir quelques instants.»

2. Réguler le système nerveux

Il s’agit ensuite de figer les émotions: expirer profondément une fois, laisser tomber les épaules et serrer les poings. Selon Barbara Thürig, un choc sensoriel – par exemple, se plonger le visage dans de l’eau glacée – est également efficace pour réguler le système nerveux.

3. Faire redescendre le pouls

Pour chasser la colère du corps et du cerveau, la technique de respiration 4-7-8 a fait ses preuves: inspirer par le nez pendant quatre secondes, retenir sa respiration pendant sept secondes, puis expirer lentement pendant huit secondes par la bouche. En plus ou à la place, on peut réciter un mantra d’urgence: «Mon enfant ne fait pas cela contre moi. Il est débordé par ses émotions et déconnecté de lui-même.»

4. Diminuer la tension physique

On peut également libérer sa colère en faisant usage de sa force. Mais plutôt que de réduire en miettes quoi que ce soit, il est plus opportun de faire dix squats rapides ou de s’appuyer vigoureusement contre un mur avec les deux mains.

5. Évacuer brièvement la pression au téléphone

Lorsqu’on est dépassé et sans relais dans une situation impliquant un enfant, le mieux est de prendre son téléphone pour échanger quelques mots avec une personne de confiance, partenaire, proche ou membre de la famille. Barbara Thürig conseille d’exprimer clairement son ressenti: «Là, je n’en peux plus. J’ai besoin que tu me parles un instant.»

6. Identifier les signes avant-coureurs et les déclencheurs

Afin de mieux se préserver de telles situations à long terme, il est judicieux de prêter attention aux signes avant-coureurs en soi. Si la mâchoire se crispe, que le cœur accélère ou que la voix devient plus forte, c’est que le cercle vicieux du stress est lancé et doit être arrêté. Quand les situations problématiques sont récurrentes ou tendent à s’aggraver (par exemple, la préparation pour la crèche ou l’école le matin), il est facile de les atténuer en prévoyant une marge de temps supplémentaire.

7. Remédier au manque de sommeil

Le manque de sommeil est un facteur aggravant qui accable de nombreux parents, surtout dans les premières années de vie des enfants. Or la fatigue chronique complique nettement le contrôle des impulsions. Selon Barabara Thürig, il n’y a alors qu’une chose à faire: «Donner la priorité au sommeil plutôt qu’aux corvées ménagères ou aux tâches qui peuvent attendre.»

8. Solliciter une aide professionnelle

Les personnes qui se retrouvent régulièrement à bout ne doivent pas attendre pour se faire aider. «Il est important de demander un soutien avant que tout ne dégénère», insiste Barbara Thürig. La consultation pour les familles peut apporter un soutien concret dans les crises et les conflits et suggère des pistes de solution dans les situations délicates.

Et que se passe-t-il si, malgré toutes les précautions prises, on perd la maîtrise de soi? Pour Barbara Thürig, il est alors primordial de s’excuser immédiatement auprès de l’enfant et de restaurer du mieux possible sa confiance et son sentiment de sécurité. «Cette expérience représente pour l’enfant une rupture dans la relation parentale et est extrêmement difficile à gérer. C’est pourquoi l’adulte doit essayer de lui décrire sa propre situation et solliciter ensuite une aide professionnelle.»

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